Environnement
Répondre aux enjeux environnementaux

La gestion des lisiers et fumiers : une fertilisation raisonnée

 
Le lisier (déjections des porcs) et le fumier (déjections et paille) sont des engrais naturels contenant les principaux éléments nutritifs dont une plante a besoin pour se développer. Leur épandage permet de fertiliser les cultures et est l’alternative naturelle à l’utilisation d’engrais chimiques.
 
 
Eric Terrom est éleveur à Plouguin, dans le Finistère. Il nous ouvre ses portes pour une découverte en images des techniques de stockage, d’épandage et de traitement du lisier.
 

Chaque année, le lisier et le fumier sont épandus sur les cultures et les prairies selon des règles strictes fixées par la réglementation (doses, distances, périodes et délais d'enfouissement). 
Les éleveurs de porcs pratiquent la fertilisation raisonnée : ils apportent aux plantes la bonne dose d’engrais naturel au bon moment, c’est-à-dire en fonction des besoins réels des plantes cultivées. 
Tous les épandages sont enregistrés sur un cahier de fertilisation consultable par les services de l'Etat. De plus, le matériel d'épandage est de plus en plus performant et permet de limiter au maximum les nuisances.  
 
Le stockage. Dans l’attente de la période propice à la fertilisation des cultures (stade de développement des plantes, structure du sol, conditions climatiques…), le fumier et le lisier sont stockés. Le lisier, qui est liquide, est conservé dans des fosses étanches pour éviter les fuites dans l’environnement. La capacité de stockage est adaptée aux conditions locales (taille de l’élevage, zone géographique…).
 
L’épandage se fait selon des règles très précises pour une fertilisation efficace et juste des plantes. Ces règles permettent d’éviter la migration des nutriments (azote ou phosphore) dans les rivières ou les nappes souterraines, tout en limitant les nuisances pour les riverains.
Dans ce cadre, un plan d’épandage parcelle par parcelle est élaboré. L’éleveur tient notamment compte des besoins des cultures, de l’aptitude des sols à recevoir l’engrais et des distances avec les habitations voisines. Des bandes d’herbes non fertilisées, situées en bordure de champs, protègent les cours d’eau (les « bandes enherbées »).
 
Les stations de traitement. Dans les grandes régions de production porcine, certaines exploitations disposent de station de traitement qui fonctionnent comme les stations d’épuration des villes. Ces équipements permettent de transformer le lisier en engrais sec ou en compost, ensuite exporté vers des régions déficitaires en engrais naturel. En Bretagne par exemple, environ 450 stations de traitement de lisier de porc ont été réalisées grâce à l'engagement de plus de 600 éleveurs.
 

Comprendre le phénomène des algues vertes

Formation des algues vertes 
Le développement des algues vertes au printemps et en été s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs au même moment : une large plage à pente douce, un fond de baie à faibles courants de marée, une eau claire, assez chaude et ensoleillée, une concentration d’éléments nutritifs (azote et phosphore) et la présence d’ulves (algues). 
Ce phénomène se manifeste donc ponctuellement dans des zones limitées et bien précises : en France dans certaines baies du Grand Ouest mais aussi dans d’autres parties du monde, comme dans certains Grands Lacs d’Amérique du Nord ou sur la côte ouest de Cork en Irlande.
 
Des éleveurs mobilisés
Seulement 21% de l’azote agricole apporté au sol breton provient des élevages de porcs. Lutter contre le phénomène des algues vertes est un effort collectif auquel les éleveurs de porcs participent au quotidien, à travers l’application des bonnes pratiques et de la réglementation. 
 En 10 ans, le taux de nitrates des rivières bretonnes a baissé de 20% et les analyses montrent une concentration moyenne de 30 mg/l (pour une norme à 50 mg/l ).